lundi 23 avril 2007

RON MUECK

À NE PAS MANQUER: l'exposition de Ron Mueck au Musée des beaux-arts à Ottawa. Il s'agit d'une exposition majeure, une occasion unique d'admirer des pièces uniques qu'on ne reverra pas de sitôt au pays! Si j'étais une sculpture, je voudrais en être une de Mueck.

vendredi 20 avril 2007

La PRESSE agit en pleutre

Dans un article ce matin, La Presse reproche à Guy A Lepage d'avoir lui aussi commis le péché dit "des placements de produits." Ce n'est pas tant l'argument de La Presse -au demeurant fort discutable!- qui m'irrite comme le fait qu'ils aient stratégiquement attendu le lendemain du dernier enregistrement de la saison pour réagir et répliquer, de telle sorte que Guy A ne puisse à son tour répliquer en ondes à leurs propos. On pensera qu'il n'avait qu'à répliquer dans La Presse! Allons donc, l'impact n'est pas le même, tout le monde sait ça. Ça fait stratégie bon marché, petit calcul mesquin...

Une chance qu'il y a Chapleau et Josée B...

Une chance!

jeudi 19 avril 2007

Tout d'abord une image


... Qui vaut mille mots. Mille des miens en tout cas.
C'était un ami.
Un vrai. Il est mort d'un cancer du poumon en 2005.
Je m'ennuie de lui souvent.
Il s'appelait, s'appelle toujours, Jean-Pierre Desaulniers.
C'était un prof comme il s'en fait peu. Comme j'essaie des fois d'en être un. Un amoureux de la Vie, de Claire, de ses travaux, de toutes les formes de communications et d'art africain. Toutes choses qui vont ensemble d'un même pas, qui mènent à l'ouverture et au courage.
Il est mort à la mi-août, la veille de la reprise des cours à l'UQÀM, il a pas supporté de ne pas en être.
Ses funérailles ont donné lieu à un drôle de cirque.
Boulevard St-Laurent, une résidence funéraire très hip, avec bar, terrasse et vitrine sur la Main.
Beau concept!
La famille a organisé un cinq à sept.
Il y a là une faune qui ou s'aime, ou s'ignore, ou se méprise sans se connaître -qui est une autre forme larvée de l'ignorance - ou se fait un "devoir de...", bon, bref, le zoo!
C'est bondé, on se marche sur les pieds. Il y a l'urne et personne agenouillé devant. Il y a des limites aux accomodements raisonnables.
Et, bien sûr, le bar est ouvert. Même l'arme à gauche, Jean-Pierre, c'est Jean-Pierre et la bibine, il aimait bien!
L'alcool aidant, le brouhaha prend rapidement toute la place jusqu'à qu'un "distingué confrère" de l'Université, rondouillard et compassé, mette un terme à la récréation en annonçant la saison des discours et des z'hommages. Comme il y a du jet set, que ça sent l'eau de cologne cher et que tout le monde commence à être plus ou moins garlo, on s'incline et on se la ferme. Le distingué truc commence son éloge de faux curé et c'est évidemment à la limite du supportable.
Je sens que Claire se retient à deux mains pour ne pas hurler ou s'éclater de rire, ou le deux en même temps, mais elle s'abstient, elle des coeurs à gérer dont le sien.
Et ça dure.
Ça ronronne, et ça donne dans le « Cher Camarade...»
Moi je pense à lui, en chapelle ardente, aux soins intensifs. Au livre à son chevet. À ce catalogue d'art africain. Jusqu'au bout, Jean-Pierre a été Jean-Pierre.
Il n'a jamais été sa maladie.

On fait tous dos au bar.
Se faufile alors dans le zoo un drôle d'animal sans domicile fixe. Fleurant le coup de blanc gratos, il s'approche, le sourcil grave et broussailleux, saisit sans même daigner le voir un verre de blanc qui traîne là, s'appuie sur le nickel et sourit, satisfait, avant d'écraser son mégot sur le faux marbre du pancher comme les ouvriers chez Doisneau. En se foutant de la "classe" que tiennent ceux qui au fond n'en n'ont pas ! L'imbibé a salué, coude levé et petit doigt à l'avenant, puis il a fait cul-sec, comme un mal élevé qui sait apprécier les bonnes choses de la mort!

C'était Jean-Pierre.
Son fantôme.
Son humour.
Qui n'aimait que le vrai monde, celui qui ne pense pas à faire des hommages aux autres pour s'en faire un à soi.
C'était sa bouille de canaille effrontée qui nous donnait son dernier cours sur l'amour de la Vie. Des gens. Du monde. De tout le monde. De Brazzaville à Shawinigan.
Sur la présence de la culture partout, qu'on le veuille ou non, qu'on l'invite ou non.
J'ai compris, j'ai mesuré combien il allait me manquer.
Et pour lui faire honneur, j'ai souri et j'ai avisé le responsable des lieux qu'il s'agissait d'un invité de marque. « Vous connaissez Réjean Ducharme?
- Euh... Oui! Personne sait c'est qui, c'est ça?
- Oui. Ben c'est lui!
- Non?
- Oui. Mais faut pas le dire!

Trois jours plus tard, on est allé enterrer ses cendres à Louiseville, au soleil, sous un grand arbre.
C'est là qu'on a pleuré. Ça, vraiment, il aurait pas aimé. Mais bon, il avait qu'à pas s'en aller!

Tout commence toujours par un deuil.
Je tenais à commencer ceci avec celui-là.